Bonjour et merci à tous d'être venus



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2014-02-11
Bonjour et merci à tous d'être venus.

 

6 jours sont passés depuis qu'Arkaitz Bellon, jeune d'Elorrio, a rendu son dernier



souffle à la prison de Puerto I. Une mort à première vue incompréhensible... comment

un jeune homme de 36 ans, sportif, plein de santé peut-il mourir comme ça dans la

froideur d'une cellule? "Que s'est-il passé?" nous sommes-nous tous demandés quand

nous avons appris la nouvelle.

 

Nous en savons un peu plus sur la réponse à cette question, c'est pourquoi les



médecins qui ont suivi le cas d'Arkaitz et des membres de sa famille sont venus à

cette conférence de presse.  Les médecins nous donneront les dernières informations

sur les causes de la mort en nous présentant le rapport provisoire sur le décès

d'Arkaitz. Mais les véritables raisons de ce drame ne datent pas de ces derniers

jours, elles reposent sur le dur témoignage que représente la chronologie de 13

années de prison. C'est ce que nous racontera sa famille, ce qu'Arkaitz et tout son

entourage ont dû vivre durant ces 13 ans... chacun en tirera ses propres

conclusions.

 

 

LA FAMILLE ET LES AMIS D'ARKAITZ À EUSKAL HERRIA



 

Quand nous avons reçu mercredi dernier la nouvelle de la mort d'Arkaitz, notre cœur

a craqué avec le sien. Depuis, beaucoup de choses ont été dites et écrites et nous

qui l'aimions ressentons le besoin de donner certains éclaircissements à son sujet.

D'après le rapport médical, pour l'instant, la mort d'Arkaitz a été naturelle. Nous

pouvons peut-être accepter qu'il est mort sans aucun signe de souffrance mais pas

qu'il s'est agi d'un décès soudain sans cause apparente, car il a été assassiné par

13 années de cruauté organisée et systématique. Au vu de son parcours en prison,

comment accepter que sa mort soit naturelle?

 

Il y a 13 ans et demi, Arkaitz a été arrêté et torturé. 3 ans plus tard, lors de son



procès, bien que le Procureur ait reconnu qu'il n'y avait aucune preuve contre lui,

il a été condamné, avec Andoni et Txomin, a une peine totalement disproportionnée

par rapport au délit qui leur était reproché. Si Arkaitz aimait la liberté plus que

quiconque, il s'est adapté à cette nouvelle situation plus vite qu'aucun d'entre

nous ne l'aurait fait. C'est alors que nous avons commencé à comprendre le véritable

sens de l'éloignement et de la dispersion : Valdemoro, Ocaña, Herrera de la Mancha,

Algeciras, Puerto… Toujours plus loin. Chaque année, nous avons fait environ 100.000

km pour le voir 40 minutes par semaine derrière une vitre. Nous avons connu

l'angoisse des transferts où tout le monde ignore où se trouve le prisonnier pendant

plusieurs jours. Nous ne pouvons pas imaginer, en revanche, comment lui a vécu le

jour où il a appris que ses parents avaient eu un accident grave en venant le voir.

Nous ne pouvons pas nous représenter la rage, la douleur et l'impuissance qu'il a dû

ressentir quand les matons, après l'avoir tabassé, l'ont laissé une journée entière

nu, menotté et attaché à son lit. Avec Arkaitz nous avons appris qu'à l'intérieur de

la prison il y a d'autres prisons, parce qu'il a passé un temps très long en

isolement sans le soutien et l'aide des autres prisonniers basques. Nous avons su ce

que c'est de faire 1000 kilomètres et de se voir refuser l'entrée au parloir sous

n'importe quel prétexte, et de devoir rentrer sans l'avoir vu. Et la pensée qu'il a

vécu tout ça seul est insupportable. Pourtant, après les passages à tabac ou tout

autre évènement, à la visite, devant nous, il apparaissait toujours fort et

souriant. Il était comme ça Arkaitz, dur mais humble. Il ne voulait pas nous

inquiéter, il ne voulait pas que notre cœur souffre.

 

Nous savons que c'est tout cela qui a tué Arkaitz : Arkaitz n'est pas parti, ils



nous l'ont enlevé. Ce qui s'est passé est une conséquence directe de la politique

pénitentiaire criminelle qui est appliquée aux prisonniers politiques, pas "une

chose qui peut arriver à n'importe qui". Ce n'est pas un hasard mais une

conséquence. Qu'arrive-t-il à une fleur si on lui retire la terre, l'eau et la

lumière?

 

Dans de telles situations, les mots sont de trop, mais ils nous manquent aujourd'hui



pour remercier tous ceux qui nous ont exprimé leur soutien et leur amour pendant ces

journées douloureuses. Des plus proches à tous ceux que nous ne connaissons pas,

nous avons reçu une chaleur impressionnante qui a allégé notre peine. Ces jours-ci,

nous avons senti que ce peuple qu'Arkaitz aimait tellement l'aimait terriblement lui

aussi. Nous avons connu la douleur, la peine et la rage, mais aussi une grande

fierté. Nous sommes fiers d'Arkaitz et nous sommes fiers d'Euskal Herria. Arkaitz

appartient aussi à Euskal Herria. Merci, du fond du cœur, à tous ceux que nous avons

connus et qui nous ont aidé lors des voyages et des visites, à tous ceux qui nous

ont aidé au quotidien, à tous ceux qui auraient voulu être là et qui ne peuvent pas,

à tous ceux qui aident à changer cette situation… lepoan hartu ta segi aurrera!

 

Avant de terminer, nous sommes obligés de démentir une information qui s'est



répandue ces derniers jours. Contrairement à ce qui a été dit, la compagne d'Arkaitz

n'est pas enceinte.

 

Pour finir, nous voulons envoyer notre plus chaleureux salut à tous les amis et



camarades qu'Arkaitz a laissés en prison. Nous savons que vous aussi vivez des

moments très durs, sachez que nous sommes avec vous.

 

Merci beaucoup.



 

 

TÉMOIGNAGE DES MÉDECINS



 

Je suis Miren Arana, le médecin de confiance de la famille qui a, à sa demande,

suivi le cas d'Arkaitz Bellon Blanco. Je viens exposer le point de vue médical sur

les évènements de ces derniers jours.

 

Selon la prison toujours, le 5 février à 17h, un surveillant de la prison de Puerto



de Santa Maria s'est rendu à la cellule d'Arkaitz. Ne recevant aucune réponse à ses

appels, il est entré dans la cellule et a secoué le corps étendu sur le lit avec la

main. Devant l'absence de réaction, il a demandé la venue du médecin de la prison.

Celui-ci, notant des signes de décès, a appelé les urgences. Le médecin des urgences

a certifié le décès.

 

Une fois l'ordre de levée du corps émis par le juge et le médecin légiste, le corps



a été transporté à l'institut de médecine légale de Cadix. Les résultats de

l'autopsie et ceux des analyses réalisées en présence de médecins de confiance

coïncident. Les résultats qui apparaissent dans le rapport préliminaire indiquent

que la mort est due à un œdème aigu du poumon d'origine cardiogénique. Pour

l'élaboration du rapport définitif, nous sommes dans l'attente des résultats

d'analyses toxicologiques, histopathologiques, microbiologiques et biologiques.

 

Les conditions de vie en prison ne sont jamais favorables à la santé du prisonnier.



De nombreuses situations sont en lien direct : le manque d'assistance médicale, la

situation de tension et de stress continuels, l'alimentation inadaptée, les

limitations pour l'exercice physique, le manque de repos… toutes ces situations ont

une répercussion directe sur la santé du prisonnier.

 

 

ETXERAT



 

C'est un terrible témoignage, qui pourrait ressembler au récit d'un film d'horreur

si nous ne subissions pas au quotidien cette politique pénitentiaire cruelle et si

nous ne savions pas dans notre chair que tout est vrai. Mais à Etxerat, nous n'avons

pas le moindre doute sur l'objectif de la politique d'exception qui est appliquée à

nos parents et amis emprisonnés… l'anéantissement et la destruction de la personne

prisonnière, autant physiquement que psychologiquement, justifiant n'importe quelle

mesure allant dans ce sens. Nous ne devons pas oublier que tout cela, qui est

réalisé par une institution publique, entre dans le concept de la torture tel qu'il

est défini au niveau international. Nous pouvons affirmer sans le moindre doute que

le traitement injuste et violent qui a été infligé à Arkaitz durant ces 13 années

n'a pas été seulement un facteur de risque mais aussi un élément déterminant de

l'issue fatale que nous avons connue.

 

Cette réalité est encore plus douloureuse quand nous voyons comment certains



responsables politiques sont capables de défendre ouvertement et publiquement les

violations de droits les plus évidentes, et encore plus dans cette période nouvelle

et porteuse d'espoir. Les passages à tabac, l'isolement, les kilomètres… cette

violence démesurée… c'est jusqu'à quand?

 

Travailler en défense des droits essentiels de tous et de toutes, en finir avec ces



situations injustes et cruelles est notre responsabilité à tous. Il est nécessaire

et urgent que chacun prenne la responsabilité et l'engagement d'en finir avec la

dispersion qui tue.

 

 Horra gaur Elorrion Etxerat-en eman duen prentsaurrekoaren testua euskaraz,



frantsesez eta gaztelainaz Arkaitz Bellon euskal preso politikoaren heriotzaz

 

Voici le texte de la conférence de presse donnée par Etxerat ce matin à Elorrio en



euskara, français et castillan au sujet de la mort du prisonnier politique basque

Arkaitz Bellon

 

 

Egunon eta eskerrik asko hurbildu zareten komunikabide guztioi.



 

Gaur 6. eguna da Arkaitz Bellon Elorrioko gazteak PuertoI-eko espetxean bere azken

arnasa ematen  zuela. Edozeinentzat ulertezina zen heriotza bat...nola izan zitekeen

36 urtetako mutil gazte, kirolari eta osasuntsu bat espetxeko ziega hotz batean

hiltzea? “Zer gertatu da?” galdetzen genion geure buruari denok berria jakin

genuenean.

 

Gaur zer gertatu den horri argitasun pixka bat jarri izan diogu, eta horretarako



etorri dira pentsaurre honetara Arkaitzen heriotzaren kasuaren azterketan aritu

diren familiaren konfiantzazko medikuak eta, Arkaitzen senide eta lagunak ere.

Heriotzaren azken arrazoien berri emango digute medikuek, behin-behineko txostenaren

arabera heriotzaren diagnostikoaren inguruko informazioa eskeiniko digutelarik.

Baina Arkaitz heriotzera eraman duten arrazoiek ez dute ziurrenik zerikusirik

azkeneko egun eta asteetako gertakariekin bakarrik, baizik eta orain dela 13 urte

hasten den kronologia eta testigantza gogor batekin baino. Horren berri emango digu

bere familiak, azken 13 urteetan Arkaitzek eta eurek ere bizi izan dutenarena hain

zuzen ere...bakoitzak bere ondorioak atera ditzala.

 

 



ARKAITZEN SENIDE ETA LAGUNEK EUSKAL HERRIARI

 

Joan den asteazkenean jaso genuen Arkaitzen heriotzaren berri, gure bihotzek



berarenarekin batera “krak” egin zuten. Geroztik, gauza asko esan eta idatzi dira

eta Arkaitz maite genuenok badugu zenbait argipen emateaz gainera, adierazteko

beharra.

 

Mediku txostenek, momentuz, diotenaren arabera, bapateko heriotza naturala izan da



Arkaitzena. Azken unean, ia konturatu gabe, sufrimendu keinurik gabe hil dela onar

genezake agian, baina ez bapateko heriotza izan denik, 13 urte luze hauetan erahil

baitute krudelkeria neurtu eta sistematizatu baten bitartez. Arkaitzen espetxealdia

ezagututa aldiz, nola onartu bere heriotza naturala dela?

 

Duela 13 urte ta erdi Arkaitz atxilotu eta torturatu egin zuten. Handik 3 urtera,



epaiketan, fiskalak berak froga zuzenik ez zela aitortu arren, kondenatu egin zuten

Andoni eta Txominekin batera, leporatzen zizkioten ekintzekin inongo proportziorik

ez zuen kondena luze eta neurrigabeko batera. Askatasuna, Arkaitzek beste, inork

gutxik maite badezake ere, gu baino hobeto eta azkarrago egokitu zen egoera berrira.

Orduan, hasi ginen ulertzen urruntzearen eta dispertsioaren benetako esanahia:

Valdemoro, Ocaña, Herrera de la Mancha, Algeciras, Puerto… Gero eta urrutirago beti.

Urte bakoitzean 100.000 km inguru egin ditugu astean 40 minutuz ikusi ahal izateko.

Ezagutu dugu espetxe aldaketa bakoitzean, hainbat egunetan, non daukaten ere ez

jakiteak sortzen duen ezinegona. Ezin dugu imajinatu, hala ere, berak, nola bizi

izan duen, gurasoak bera bisitatzera joan eta errepidean istripu larri bat izan

dutela jakitea. Ezin dugu irudikatu, sentitu duen amorrua, mina eta ezina 

gartzeleroek,  jipoitu ondoren, eskuburdinekin, biluzik, egun oso bat ohera lotuta

utzi dutenean. Arkaitzekin ikasi dugu, espetxe barruan ere, badirela espetxe

gehiago, bere gartzelaldiaren zati handi bat isolatuta egin baitu, inongo kideren

babesik eta laguntasunik gabe. Ezagutu dugu zer den, bera bisitatzeko 1000 kilometro

egin eta edozein aitzakiarekin bisita ukatu eta elkar ikusi gabe itzultzea. Eta

gogorra, jasangaitza egiten zaigu hori guztia eta gehiago,berak bakar bakarrik

irentsi duela jakitea. Izan ere, jipoia edo beste edozer izanda ere, bisitan, gure

aurrean, beti agertzen zitzaigun indartsu, beti aterarazten zigun irribarrea.

Horrelakoxea zen Arkaitz, gogorra baina xumea. Ez gintuen larritu nahi, ez zuen gure

bihotza mindu nahi.

 

Guk badakigu horrek denak hil duela Arkaitz; Arkaitz ez da joan, kendu egin digute.



Gartzela politika hiltzaile baten ondorio zuzena izan da gertatu dena, ez “edozeini

gerta dakiokeen zerbait”. Kasualitatea baino kausalitatea izan da. Zer gertatuko

zaio ba lore bati, lurra, ura eta argia kentzen badizkiote?

 

Horrelakoetan, hitzak sobera omen daude, baina guri, hitzak falta zaizkigu, egun



mingarri hauetan sentitu dugun babesa eta maitasuna eskertzeko. Gertukoengandik hasi

eta ezagutzen ez genuen jendearengandik ere bai, itzelezko berotasuna jaso dugu.

Gure samina leuntzen lagundu diguzue. Egun hauetan, Arkaitzek hainbeste maite zuen

herriak, bera ikaragarri maite zuela sentitu dugu. Mina, amorrua eta pena sentitu

dugu baina baita harrotasuna ere, harro gaude Arkaitzekin eta baita Euskal

Herriarekin ere. Arkaitz, Euskal Herriarena ere bada. Eskerrikasko guztioi,

bihotzez, bisitetan eta bidaietan ezagutu eta lagundu diguzuen guztioi, egunerokoan

laguntza eskaini diguzuen guztioi, hor egon nahi eta ezin izan duzuenoi, egoera hau

iraultzeko zuen ekarpena egin duzuen guztioi…lepoan hartu ta segi aurrera!!

 

Bukatu aurretik, egun hauetan hedatu den informazio bat gezurtatu beharrean



aurkitzen gara. Esan izan denaren kontra, Arkaitzen bikotekidea ez dago haurdun.

 

Azkenik, besarkadarik sentituena bidali nahi diegu Arkaitzek espetxean utzi dituen



lagun eta kide guztiei. Badakigu zuek ere une latzak bizitzen ari zaretela eta

jakizue zuekin gaudela.

 

Eskerrik asko.



 

 

MEDIKUEN LEKUKOTZA



 

Zuen aurrera agertzen naiz ni, Miren Arana, Arkaitz Bellon Blancoren kasuaren

gainean lanean egon den familiak izendatutako konfidantzazko mediku gisa. Azken

egunotan emandako gertaeren ikuspegi medikua elkarbanatzeko asmoz.

 

Espetxeko iturrien arabera beti, otsailaren 5. egunaren  arratsaldeko 17:00etan,



Cadizeko Puerto de Santa Maria espetxean zen Arkaitzen ziegara urreratu zen bertako

funtzionaria. Deiei erantzunik ez eta ziegara sartu eta ohean zen presoaren gorputza

eskuz astindu zuen. Inolako erreakziorik ez egotean, espetxeko medikua deitu zuen

gerturatzeko. Honek, bortizkeria arrasto gabeko ziegara heldu eta heriotz zantzuak

antzematean, larrialdi zerbitzuei hotsegin zien. ZIU mugikorreko medikuak, Arkaitzen

heriotza baieztatu zuen.

 

Epaileak eta mediku forentseak, gorpuaren altxatzea agintzean Cadizeko institutu



mediku legalera eraman zuten. Autopsiak eta konfidantzazko medikuek, bertako

forentseekin batera burututako azterketetan jasotako ondorioek bat egiten dute.

Hauen arabera eta behin behineko txostenean ageri den bezala, heriotza bihotz

jatorriko biriki edema akutu batek ekarri zuen. Behin betiko informea osatu ahal

izateko, froga toxikologiko, histopatologiko, mikrobiologiko eta biologiko zein

balorazio toxikologikoen emaitzen zain gaude.

 

Espetxeko bizi baldintzek sekula ez dute presoaren osasunaren alde egiten. Zenbait



aldagaiek gainera eragin zuzena dute maila honetan; behar bezalako osasun

asistentzia ezak, tentsio eta estres egoera iraunkorrek, elikadura guztiz

desegokiak, ariketa fisikoa garatzeko mugek, benetako atsedenerako aukera ezak..

guzti honek, presoaren osasun egoeran eragin zuzena dauka.

 

 

ETXERAT



 

Lekukotza gogorra zalantza gabe oraintxe entzundakoa, espetxe politika anker hau

egunero sufrituko ez bagenu eta beraz egia dela lehen azalean jakingo ez bagenu,

beldurrezko pelikula baten kontakizuna emango luke. Baina Etxeraten argi daukagu

zertara zuzendua dagoen gure senideei aplikatzen zaien salbuespeneko espetxe

politika hau...preso dagoen pertsonaren erabateko suntsipen eta deuseztapenera,

fisiko zein psikologikoki, horretarako edozein neurri baliagarri delarik. Ez dugu

ahaztu behar, hau instituzio publiko batek egiten duenean, nazioartean erabiltzen

den tortura kontzeptuaren pean sartzen dela. Inongo zalantzarik gabe ondorioztatu

dezakegu beraz, 13 urte hauetan Arkaitzek jaso izan duen tratu bidegabe eta

bortitzak, zuzeneko eragina izan duela zorigaiztoko amaiera honetan, arrisku aldagai

bat baino haratago, erabakiorra izan da.

 

Are mingarriagoa suertatzen da errealitate hau, gainera publikoki eta modu zabalean



ordezkari politiko batzuk giza eskubideen urraketa agerikoenak ere defendatzeko gai

direla ikusten dugunean,  are gehiago bizi dugun garai berri eta itxaropentsu

honetan. Noiz arte jipoiak? Noiz arte isolamendua? Noiz arte kilometroak? Noiz arte

neurrigabeko bortizkeria hau?

 

Denon ardura da guztion giza eskubideen aldeko lana, denon ardura erabat bidegabeak



eta krudelak diren egoera hauekin bukatzea...denon ardura eta konpromisoa behar du

izan hiltzen duen sakabanaketarekin amaitzeak, beharrezkoa eta larritasunezkoa.

 

Hoy es el 6º día desde que el jóven de Elorrio Arkaitz Bellón dio su último suspiro



en  la prisión de Puerto I. Una muerte inexplicabvle para cualquiera...cómo era

posible que un chico joven de 36 años, deportista y sano muriese en una fría celda

en prisión? “¿Qué ha pasado?” nos preguntábamos todos y todas cuando conocimos la

noticia.

 

Hoy pretendemos aportar algo de luz a ese interrogante de qué ha sucedido, y por eso



se han acercado a esta convocatoria de prensa las médicos de confianza de la familia

que han trabajado sobre el caso de la muerte de Arkaitz, y también sus familiares y

allegados. Las médicos nos informarán de las razones últimas que llevaron a Arkaitz

a la muerte, ofreciéndonos información sobre el diagnóstico indicado en el informe

preliminar realizado. Pero muy probablemente las razones que llevaron a Arkaitz a la

muerte no sólo tienen que ver con lo acontecido en las últimas horas y días, sino

con la cronología y un duro testimonio que comienza hace 13 años. Sobre esto nos

informará su familia, sobre lo vivido durante los últimos 13 años tanto Arkaitz como

ellos mismos. Cada cual que llegue a sus propias conclusiones.

 

 



LOS FAMILIARES Y ALLEGADOS DE ARKAITZ A EUSKAL HERRIA

           

El pasado miércoles recibíamos la noticia de la muerte de Arkaitz, nuestros

corazones hicieron “crac” junto al suyo. Desde entonces, se han dicho y escrito

muchas cosas; y los que queríamos a Arkaitz tenemos que a la vez que aclarar ciertos

aspectos, necesidad de expresarlos.

 

Según lo que por el momento dicen los informe médicos, la de Arkaitz ha sido una



muerte súbita por causas naturales. Podríamos aceptar que se ha muerto sin indicios

de sufrimiento en el último momento, pero no que ha sido una muerte repentina, ya

que lo han matado mediante una crueldad medida y sistematizada durante estos largos

13 años. Conociendo la estancia en prisión de Arkaitz, ¿cómo aceptar que la muerte

de Arkaitz es natural?

           

Hace 13 años y medio que detuvieron y torturaron a Arkaitz. Transcurridos 3 años, en

el juicio, y aunque el propio fiscal admitió no haber pruebas directas, lo

condenaron junto a Txomin y a Andoni a una condena larga y completamente

desproporcionada a las acciones que les imputaban. Aunque dificilmente nadie pueda

amar la libertad como Arkaitz, se adaptó a la nueva situación mejor y más rápido que

nosotros.

 

Entonces empezamos a entender el verdadero significado del alejamiento y la



dispersión: Valdemoro, Ocaña, Herrera de la Mancha, Algeciras, Puerto… Cada vez más

alejado siempre. Cada año hemos realizado unos 100.000km para poderle ver durante 40

minutos. Hemos conocido la incertidumbre de cada traslado, de no saber ni dónde lo

tenían durante varios días. No nos podemos imaginar aun así, cómo ha vivido él el

hecho de que sus padres tuvieran un grave accidente de carretera yendo a visitarle a

él. No nos podemos imaginar, la rabia, el dolor e impotencia que ha podido sentir

cuando tras darle una paliza, los carceleros le dejaron desnudo y atado con las

esposas a la cama durante todo un día. Con Arkaitz hemos aprendido que dentro de la

cárcel existen más cárceles, ya que gran parte de su estancia en prisión ha estado

en aislamiento, sin la protección ni compañía de ningún compañero. Hemos conocido lo

que es realizar 1000 km para visitarle, y bajo cualquier excusa negarnos la visita y

tener que regresar sin habernos visto. Y se nos hace duro, insoportable, saber que

todo eso y más, lo ha tenido que sufrir en soledad. Ya que, fuese una paliza u otra

cosa, en la visita, delante nuestro, siempre se nos mostraba con fuerza, siempre nos

arrancaba la sonrisa. Así era Arkaitz, duro pero humilde. No nos quería preocupar,

no quería dañar nuestro corazón.

 

Nosotros y nosotras sabemos que todo eso ha matado a Arkaitz; Arkaitz no se ha ido,



nos lo han arrebatado. Lo que ha sucedido es consecuencia de una política

penitenciaria asesina, no “algo que le puede suceder a cualquiera”. Más que

casualidad, ha sido causalidad. ¿Qué le sucede a una flor si le arrebatan la tierra,

el agua y la luz?

 

En este tipo de situaciones las palabras sobran, pero a nosotros, nos faltan para



agradecer el apoyo y cariño que hemos sentido durante estos dolorosos días. Resulta

impresionante el calor recibido desde los más cercanos, hasta la gente que ni tan

siquiera conocíamos. Nos habéis ayudado a paliar nuestro profundo dolor. Estos días,

hemos sentido como aquél pueblo que tanto amaba Arkaitz, a su vez lo adoraba a él.

Hemos sentido dolor, rabia y pena, pero también orgullo; estamos orgullosos de

Arkaitz y también de Euskal Herria. Arkaitz, también pertenece a Euskal Herria.

 

Gracias a todos de corazón, a todos y todas las que hemos conocido y nos habéis



acompañado en los viajes, a todos los que nos habéis ofrecido vuestra ayuda en lo

cotidiano, a aquellos que habéis querido y no habéis podido estar, a todos los que

habéis aportado para cambiar esta situación...lepoan hartu eta segi aurrera!

 

Antes de finalizar, nos encontramos en la necesidad de desmentir cierta información



difundida estos días. En contra de lo que se ha dicho, la pareja de Arkaitz no está

embarazada.

 

Para finalizar, el más sentido abrazo para todos aquellos compañeros y amigos que



Arkaitz ha dejado en la cárcel. Sabemos de los difíciles momentos que también estáis

pasando, estamos a vuestro lado.

 

Eskerrik asko.



 

 

TESTIMONIO DE MÉDICOS



 

Yo, Miren Arana, me dirijo como médico designado por la familia que ha estado

ejerciendo en el caso de Arkaitz Bellon Blanco. Me dirijo con intención de compartir

la lectura de los últimos acontecimientos desde una perspectiva médica.

 

Siempre según fuentes de la prisión, a las 17:00 de la tarde del día 5 de febrero,



un funcionario de la cárcel gaditana de Puerto de Santa María acudió a la celda de

Arkaitz. Al no recibir respuesta a sus llamadas, entró en la celda y sacudió con la

mano el cuerpo tumbado en la cama del preso. Ante la falta de reacción alguna,

requirió la presencia del médico del centro penitenciario.  Este a su vez, al

denotar indicios de fallecimiento, contactó con los servicios de urgencia. El

facultativo de la UVI móvil certificó su fallecimiento.

 

Una vez emitida la orden de levantamiento de cadáver por parte del juez y el médico



forense, el cuerpo fue trasladado al instituto médico forense de Cádiz. Los

resultados tanto de la autopsia, como de los exámenes realizados en presencia de los

médicos de confianza coinciden. Los resultados reflejados en el informe preliminar,

indican que la muerte es debida a un edema agudo de pulmón de origen cardiogénico.

Para la elaboración del informe definitivo nos encontramos a esperas de los

resultados de las pruebas toxicológicas, histopatológicas, microbiológicas y

biológicas como de los resultados de la valoración toxicológica.

 

Las condiciones de vida de la prisión nunca juegan a favor de la salud del preso.



Numerosas situaciones tienen relación directa en este sentido; la desasistencia

médica, la situación continua de tensión y estrés, la inadecuada alimentación, las

limitaciones para el ejercicio físico, la falta de descanso…todas estas situaciones

tienen una repercusión directa en la salud del preso.

 

 

ETXERAT



 

Duro testimonio sin duda el que acabamos de oir, sino sufriéramos cada día esta

retorcida política penitenciaria y si no supiésemos en primera persona que es

verdad, podría parecer el relato de una película de terror. Pero en Etxerat no

tenemos ninguna duda de a qué está destinada esta política penitenciaria de

excepción que se les aplica a nuestros familiares...al completo aniquilamiento y

destrucción de la persona presa, tanto física com psicologicamente, justificando

cualquier medida para ello. No debemos olvidar que cuando ésto lo realiza una

institución pública, entra dentro del concepto de tortura que se utiliza a nivel

internacional. Podemos sin ningún tipo de dudas por tanto afirmar, que el trato

injusto y violento que ha recibido Arkaitz durante estos 13 años, no sólo ha sido un

factor de riesgo, sino determinante en este fatal desenlace.

 

Esta realidad resulta aún más dolorosa, cuando además tenemos que ver como algunos



representantes políticos son capacez de defender pública y abiertamente la

vulneración de derechos humanos más obvia, más si cabe en los nuevos y

esperanzadores tiempos que vivimos. ¿Hasta cuándo las palizas? ¿Hasta cuándo el

aislamiento? ¿Hasta cuándo los kilómetros? ¿Hasta cuándo esta violencia desmedida?

 

 Es responsabilidad de todos y todas el trabajo a favor de los derechos humanos de



todos-as, es responsabilidad de todos-as acabar con estas situaciones completamente

injustas y crueles...debe de ser responsabilidad y compromiso de todos-as acabar con



esta política de dispersión que mata, necesario y urgente.


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