Frere basilio rueda (1924 – 1996) journal personnel (1951-1969) et notes spirituelles



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FRERE BASILIO RUEDA

(1924 – 1996)


JOURNAL PERSONNEL

(1951-1969)
et
NOTES SPIRITUELLES

(Grands Exercices, 1986)

Ce cahier présente deux documents du Frère Basilio :



  1. Le Journal personnel (el diario personal), du moins une quarantaine de ses pages, avec des notes qui vont de 1951 à 1969 ; et




  1. Les Notes spirituelles écrites lors des Grands Exercices de 1986.

En raison de leur distance dans le temps, ces deux documents permettent de porter un regard sur le Frère Basilio dans ses premières années d’apostolat et à la fin de son second mandat comme Supérieur général.



Le Journal personnel

Le Journal personnel présente des notes que le Fr. Basilio écrivait dans un carnet surtout après des moments de direction spirituelle ou au cours de retraites. Il s’agit d’une quarantaine de pages qui couvrent une période allant de 1951 à 1969. Certaines pages sont difficiles à dater, d’autres manquent.

Ces notes se rapportent aux années 1951, 1954, 1955, 1956, 1967, 1968 et 1969. Parfois la matière est abondante, comme pour l’année 1954, tandis que d’autres années, 1955 et 1956, n’ont qu’un paragraphe.

Ce sont des flashes sur la vie spirituelle du Fr. Basilio : moments riches et révélateurs d’une marche vers la sainteté, sans être un panorama complet.
Le Journal personnel nous met aussi en compagnie de quatre autres personnes qui ont joué un rôle de premier plan dans la vie du Frère Basilio :


  • deux directeurs spirituels,

le Père Ramón Martínez, au Mexique, et

le Père Dionisio Pettinati, à Paris, et



  • deux formateurs :

le Frère Othonis, son maître des novices et

monsieur Oswaldo Robles, professeur d’université et ami intime.

Ces personnes seront présentées avec les notes que le Frère Basilio a écrites à l’occasion de certaines rencontres avec eux.

Le Révérend Père Ramón Martínez
L’impact du Rev. P. R. Martinez sur la spiritualité du Frère Basilio, sur sa maturité religieuse est certainement le plus important qu’il ait reçu. Il sera son directeur spirituel pendant plus de 25 ans. Le Journal donne des témoignages qui vont de 1951 à 1967, mais les rencontres avaient commencé quand le Fr. Basilio était scolastique en 1945. Ces pages laissent deviner comment ce père a jeté dans le cœur du Fr. Basilio ce qui seront les grands piliers de sa spiritualité.1 Nous les présentons avant d’offrir les notes intégrales.



  1. L’amour et la seigneurie du Christ comme dominantes de la vie : « Ne me parle plus de péchés, parle-moi d’amour… Jette-toi en Dieu, unis-toi à lui par la partie la plus haute de ton âme, vis en Lui… Accours à Marie, elle t’aidera. Dans la sainte communion donne-toi totalement à Jésus, demande-lui de prendre possession de tout ce qui est en toi, de ta volonté, de ta mémoire, de ton corps. Qu’il devienne ton Seigneur et t’unisse totalement à lui… »2

Basilio dira comment ces paroles : « ne me parle plus de péché, parle-moi d’amour » vont se planter dans son cœur comme une épée et créer le besoin impérieux, irrésistible d’aimer.


  1. La paternité de Dieu et sa volonté, au sens fort d’un Dieu senti au-dedans comme amour, comme papa, comme toujours aimant et dont la volonté ne peut être que vie et épanouissement : « Abandonne-toi à l’amour de Dieu et à ce que Dieu, ton Père plein de bonté, te demande. Toi, ne demande ni ne refuse rien, sois seulement prêt à t’abandonner entre ses mains et être disposé à tout ce qu’il enverra… »3. Même conseil au cours de la direction du 8 février 1956 : « …Donne-toi à lui avec une confiance absolue… comme à un père plein de bonté. Qu’il est doux de savoir que Dieu est notre Père. Frère, fais-lui confiance, donne-toi à lui, donne-lui tes misères, ton indigence, mettons nos péchés dans ce foyer immense d’amour et de miséricorde infinie qu’est son Cœur… »4

Le dernier message que le Frère Basilio envoie à ses amis, un mois avant sa mort, fait écho à ce conseil reçu 45 ans plus tôt et révèle sa fidélité à marcher sur le chemin de l’amoureuse volonté du Père : « Ai-je bien fait ? Ai-je mal fait ? (d’avoir brûlé ma vie…). Je ne m’en soucie pas. Je mets tout cela dans les mains du Christ Jésus, dans les mains du Père et je me sens dans une paix profonde, dans l’action de grâces et tout à la louange. Je sais qu’il n’y a pas de mains meilleures que celles de Dieu et c’est en elles que je me suis mis. »5




  1. Un style d’oraison plus simple, qui évite les raisonnements, se met avec simplicité dans la présence de Dieu, aime, joint en lui l’intelligence et la volonté et les laisse reposer en Dieu, dans une vision supérieure et pleine d’amour. Ce genre de prière ne fatigue pas, au contraire elle repose6. Il résume ce style de contemplation simple en deux mots : « Regarder et aimer ».7




  1. la générosité8 : « Cela me fait grand plaisir, Frère, que tu aies compris que Dieu se communique dans la prière en proportion de la générosité que nous avons envers lui… C’est une illusion de croire pouvoir jouir d’une union intime avec Dieu sans être généreux. Une vie de grande union à Dieu et en même temps un comportement mou, égoïste, qui se cherche soi-même, commode, ne peuvent coexister. Habituellement…une plus grande générosité attire un plus grand amour de Dieu et cet amour crée une plus grande intimité et générosité… »9




  1. La vie religieuse ne peut être vécue que dans l’amour. Il confirme le Frère Basilio dans ce que sera une de ses idées forces et qu’il redira souvent quand il sera Supérieur général : « La vie religieuse ne peut être vécue que dans l’amour ». Le Père Martínez lui dit : « Tu as raison, la vie religieuse se vit par amour ou ne se vit pas… Tu as raison d’avoir suivi la vie religieuse par amour. En effet, le milieu où la vie intérieure doit croître, augmenter et se cultiver est l’amour. »10, 11

  2. A une paix totale. Quand le 28 novembre 1955, mesurant ses limites, Basilio confie son inquiétude d’avoir été nommé directeur du juvénat, le Père l’invite à la paix : « Il m’exhorta à une paix totale, sans préoccupations, abandonné entre les mains de Dieu. »12 Déjà le 10 juillet 1954, le Père lui avait donné un conseil semblable : « Tu as raison, Frère, de sentir cette disproportion, entre ta mission et notre vertu. Cependant, tu n’es pas là par plaisir, mais par obéissance et si Dieu t’y a placé alors il t’aidera. »13



La paix intérieure sera une des valeurs à laquelle le Frère Basilio sera toujours attentif, surtout comme Supérieur général. Puis, les conseils du Père Martínez deviennent comme une sorte de prophétie : « … Je crois, Frère, que Dieu veut de toi une communion plus intime, une permanence constante en sa présence… Vois, Frère, il y a beaucoup d’insistance de la part de Dieu pour te demander cette vie d’union, ce contact permanent. Cette inspiration répétée ne peut venir que du Seigneur… pour que tu sois un instrument plus utile à sa gloire et pour le bien des autres. »14

A nous qui connaissons la qualité de vie du Frère Basilio, le don qu’il en a fait à Dieu et à ses Frères, l’aboutissement final, nous trouvons que dans ce travail de direction spirituelle, le Père Ramón Martínez a vraiment jeté les fondations solides dont Basilio avait besoin. Mais, d’autre part, si le Père ose lui donner de tels conseils, c’est qu’il reconnaît avoir à diriger une âme exceptionnelle.



Conseils du Père Martínez 15



  1. Apprends à vivre de la foi ; à faire les choses par conviction et pas par sentiment. Si Jésus t’a retiré les consolations (comparaison avec le petit enfant), suis-le, comme le dernier de ses serviteurs, comme l’aveugle qui le suivait derrière la foule et le dernier de tous.

  2. Comprendre l’amour que Jésus nous porte est une grâce spéciale que Jésus nous donne graduellement, en proportion de notre fidélité envers Lui. S’il nous donnait cette grâce d’un coup, parfois, à cause de notre peu de vertu, elle pourrait nous être nuisible.

  3. Que ferais-tu avec un enfant qui veut se corriger et qui retombe ? Tu aurais patience et tu l’avertirais. Eh bien ! prends patience avec toi-même. Nous sommes pauvres, nous ne pouvons rien, mais Jésus le peut ; il faut le lui demander avec insistance, qu’il t’aide à sortir de cet état, à avancer. Je prierai pour toi pendant la Sainte Messe.

  4. Jésus est triste parce qu’au cours de cette année tu n’as pas profité du grand nombre de grâces qu’il t’as données. Tu n’as pas atteint le degré de perfection et de sainteté qu’il t’avait signalé. Quelle grande bonté et quel grand amour de Jésus envers toi puisqu’il te concède tant de grâces, de lumières, d’appels ; et en même temps, quelle ingratitude de notre part, quel gaspillage de ses grâces. Humilie-toi devant lui, demande pardon, mais que cela s’accompagne de beaucoup de confiance car Jésus est bon et miséricordieux.

Unis ton sacrifice au sien et fais cela avec joie. Promets-lui pour l’année qui vient d’éviter ces fautes, ces gaspillages. Donne-toi à Lui sans réserve. Accours à Marie, que cette bonne Mère présente ton offrande à Jésus et qu’elle t’aide à changer de conduite.

Les Règles contiennent la perfection du religieux ; ne te sépare jamais d’elles, suis-les fidèlement, observe-les avec amour.
(En partant de Qro) (= Queretaro)

Maintenant que tu t’en vas prends soin surtout de deux choses :

  • ta méditation bien faite, tous les matins, et ton union à Dieu. Cette union à Dieu t’est absolument nécessaire car sans elle ta vie devient vide, creuse, perdue, et un tourbillon t’emportera et ce sera fini de ta vie intérieure. Cette union avec Dieu doit être notre grande aspiration ; c’est notre ciel intérieur, mais Jésus ne donne ce ciel que dans la mesure où nous nous sacrifions à Lui.

  • Conserve aussi deux grandes dévotions :

  1. Une grande dévotion à Jésus au Saint Sacrement. Qu’il ne se passe pas un jour sans que tu ne fasses une visite à Jésus dans le Saint Sacrement, mais pas une visite de métier, mais une visite paisible, attentive, fervente. Et quand tu sens de la tristesse, des ennuis, de la fatigue ; quand tu te sens seul, contrarié, quand tu auras eu des difficultés avec tes supérieurs, tes Frères, tes élèves, quand tu auras eu des peines et des humiliations, quand tu n’en peux plus, va aux pieds de Jésus dans le Saint Sacrement. Raconte-lui tout, dis-lui tes peines ; qu’Il soit ton consolateur, ton directeur, ton père.

  2. Nourris aussi une dévotion grande et filiale envers la Très Sainte Vierge ; dans tes peines accours toujours à Elle, dis-Lui tout, car personne ne peut comprendre le cœur d’un fils comme la Mère.

Prie pour moi ; je te le demande ; prie beaucoup pour moi.

Oui, Révérend Père, tous les jours vous aurez une place très spéciale quand on priera pour le clergé.

Grands Exercices de 1951
Conseils dans la confession annuelle

Retraite de 28 jours. (17 décembre 1951)16
Frère, un seul acte de charité parfaite efface une grande quantité de péchés. Fais-le. Notre Seigneur a dit à sœur Josefa Menedez : « Ne me parle plus de péchés, parle-moi d’amour. Mets-toi en Dieu, mets-toi en Dieu ! Unis-toi à Lui dans la partie la plus haute de ton âme, vis en Lui. Répare tes nombreux péchés avec des actes d’amour parfait. Accours à Marie ; elle t’aidera. Dans la sainte communion, donne-toi totalement à Jésus et demande-lui de prendre possession de ton intérieur, de ta volonté, de ta mémoire, de ton corps, etc., qu’Il devienne ton Seigneur et t’unisse totalement à lui. Redis toujours l’offrande de saint Ignace : « Prends, Seigneur… »

Conseils à propos de ce qui a été dit dans la direction du 28 décembre 1951. (Grands Exercices)17a

(Je lui avais parlé de trois grands appels, entendus au cours de la retraite :

  1. Appel à l’amour de Dieu

  2. Appel à la dévotion à la Très Sainte Vierge

  3. Appel à la charité fraternelle.

Et comment je ne me trouvais pas dans la disposition de faire le troisième degré d’humilité et de l’inquiétude que cela me donnait.

Abandonne-toi à l’amour de Dieu et… à ce que Dieu, ton bon Père, t’envoie. Ne demande rien, ne refuse rien ; abandonne-toi seulement entre ses mains et rends-toi disponible à ce qu’il voudra bien t’envoyer.

Je ne pense pas que ta disposition offense en aucune manière le Christ, au contraire, le Père Colomban Marmion dit, qu’il y a des âmes qui n’avancent pas parce qu’elles se font illusion de se trouver à un degré supérieur de sainteté que dans celui où elles sont. Il faut être humble comme le publicain qui n’implorait que miséricorde.

Si nous nous trouvons dans la voie purgative, il ne faut pas vouloir procéder comme ceux qui sont dans la voie illuminative ou unitive. Ne te préoccupe pas de cela, donc, dis à Jésus que tu l’aimes et que tu veux croître sans cesse dans son amour, et qu’avec sa grâce, mais seulement avec elle et par elle, tu espères un jour arriver aux sommets de l’amour. « Or pati or mori » Ste Thérèse, « Pati et non mori » « Pati et contemnere pro te, Jesu » (St Jean de la Croix).

Les degrés d’humilité correspondent aux degrés de l’amour. A un mètre cube de vide correspond un mètre cube de capacité d’accueil. Le degré d’humilité est le degré de ton amour ; dans la mesure que nous nous vidons de nous-mêmes, Dieu nous remplit de son amour.

Cet appel insistant que Dieu te fait, de l’aimer de plus en plus, est une preuve évidente de la volonté de Dieu ; Dieu t’aime et te le manifeste beaucoup de fois de mille manières. Aime-le donc, chaque fois plus et fais tout cela en esprit d’amour ! Oriente toute ta vie vers l’amour et peu à peu monte vers les sommets de l’amour. Et que cet amour te conduise à t’unir de plus en plus au Christ. Répète souvent à Jésus que tu te donnes totalement à LUI, demande-Lui qu’il prenne possession de toi ; à force d’insister, de t’offrir, de répéter, il finira par prendre possession de toi, de ce qui t’appartient, de tes sens, de les remplir de son amour et de te transformer en Lui. N’oublie pas, non plus, ta Très Sainte Mère, la Très Sainte Vierge.

Rappelle-toi aussi qu’amour sans œuvres n’est pas amour. L’amour actif, l’amour se prouve par le sacrifice et les œuvres. Aime donc, mais en t’immolant, te sacrifiant, faisant ce qui plaît à Jésus.

L’amour est la lampe, la lumière, le sacrifice est l’huile ; sans huile la lampe s’éteint, sans sacrifice c’est l’amour qui s’éteint. Donne-toi souvent à Jésus, demande-Lui qu’il prenne possession de toi, insiste et Lui finira par prendre possession de toi, par t’unir à Lui, par te transformer en Lui et par t’enflammer de son amour.

Grands Exercices de 1951 : Premier grand appel18
(Près de cet appel tous les autres pâlissent et ils renaissent en lui dans mon cœur. Un appel à l’amour. Retraite de 1951 : Grands Exercices).
Cet appel a commencé après ma confession avec le Rév. P. Martínez et s’est pleinement confirmé dans la causerie du Rév. P. Sanchez Hidalgo.
Après avoir fait une longue et abondante confession des péchés de l’année (année pendant laquelle avaient abondé les péchés véniels délibérés, les infidélités à la Règle et à la grâce, les mauvais exemples, et pendant laquelle la vie spirituelle avait été pratiquement nulle), confession à laquelle je me rendais avec une tranquillité inexplicable, pourtant bien disposé, et avec le souvenir des grandes vérités que je venais de méditer et qui par moments m’avaient presque fait désespérer.
Et bien, après la confession, au moment des conseils, Dieu a daigné mettre sur les lèvres du Rev. P. Martínez ces paroles qu’il avait dites à une sainte : « Ne me parle plus de péchés ; parle-moi d’amour ! » et il continua : « tes péchés sont nombreux, mais l’amour efface tout. Fais des actes de charité parfaits ».
Je suis sorti de la confession tout à fait tranquille et les premières paroles se plantèrent dans mon âme comme une épée et elles me revenaient constamment en mémoire, me remplissant de lumière, de consolation et d’amour. En elles je sentais la douleur, le dégoût que le Sacré Cœur de Jésus éprouvait pour tant de péchés ; sa fatigue et son désir de chercher refuge et consolation de tant d’offenses dans l’amour des âmes qui lui sont consacrées.

Il a soif d’amour ; il est mendiant d’amour ! Ces paroles me disaient aussi le pardon complet de la part du Sacré Cœur de Jésus : « Ne me parle plus de péché (abandonne-les à ma miséricorde), toi, parle-moi d’amour ». Jésus a besoin de mon amour, il le sollicite, il me le demande :

  1. Comme moyen de réparer et de consoler. (On lui a beaucoup pardonné parce qu’elle a beaucoup aimé.)

  2. Comme moyen de faire plaisir, en donnant satisfaction a un besoin de son cœur.



Réponse à cet appel :

Oui, Jésus, je veux, je désire t’aimer de plus en plus. Je veux t’aimer sans mesure, avec toutes mes forces, avec un amour intense, généreux, vrai, avec un amour passionné. Je veux que ma vie soit un cri d’amour vers toi qui es mon tout. Que chaque battement de mon cœur, que chaque respiration, que toute action et exercice de mes facultés corporelles ou spirituelles te dise, Seigneur, que je t’aime et que je veux vivre pour toi. Je veux te parler constamment d’amour. Je veux t’aimer, Seigneur, parce que tu es infiniment aimable, parce que tu es immensément digne d’amour. Je veux t’aimer par gratitude pour l’amour que tu as eu pour moi (amour qu’on ne peut nier, amour manifesté dans tes grands mystères et dans les faveurs multiples et remarquables que tu m’as concédées).

Fais que je comprenne pleinement cet amour pour t’aimer de plus en plus.
Dans la méditation sur Marie Madeleine, cet appel s’est confirmé. Ma vocation devait être l’amour, toute ma vie devait être amour, un acte continuel d’amour à Jésus. Je dois beaucoup aimer par gratitude pour l’abondance de son pardon.
Pendant plusieurs jours ces idées ont possédé mon âme de telle sorte qu’aimer était une nécessité impérieuse.
Tous les autres appels ne coûtent pas et ils ne sont plus des appels à faire telle ou telle chose pour elle-même, je devais continuer à les remplir, mais seulement par amour. En effet, continuer à persévérer dans ma vocation, être un grand apôtre, être un champion de la Règle, exercer la charité fraternelle, etc, oui, mais non pas pour la vocation, ni pour l’apostolat, ni pour la Règle, l’obéissance ou pour ne pas faire de la peine à mes Frères, mais seulement par amour.
Je veux t’aimer, Jésus, pour satisfaire un désir véhément que ton Cœur très sacré demande, comme amour de cette terre, mon amour, (bien que dans le ciel tu aies beaucoup qui t’aiment de manière parfaite). Eh bien ! je veux t’aimer Jésus pour te faire plaisir, mais aussi pour satisfaire un besoin impérieux de mon pauvre cœur. Seigneur, conserve et accroît toujours plus ce besoin de mon pauvre cœur !
Je veux t’aimer, Cœur divin, parce que je veux correspondre à ton pardon Seigneur ; avant que je ne t’aime, tu m’as aimé, tu m’as appelé à toi et tu m’as pardonné cette vie tellement pleine de péchés graves.
Quand, dans les premières années d’apostolat, j’ai commencé à être infidèle et j’ai tellement marché sur le chemin de la tiédeur, de l’infidélité et du mauvais exemple, ta bonté a su m’attirer de nouveau et me pardonner les fautes qui te faisaient de la peine dans le cœur. Pour toute ta miséricorde, je veux t’aimer beaucoup, immensément.
Je veux t’aimer, souffrir, mon Jésus pour consoler ton cœur adorable, pour réparer tant d’offenses que tu reçois chaque jour.
Seigneur, je veux être une de ces âmes consacrées à ton amour, beaucoup d’amour en échange de tant d’offenses des hommes, voici mon cœur, Seigneur, viens reposer en lui ; je veux qu’en lui tu trouves l’amour et l’amitié que tu trouvais à Béthanie.
Oui, Seigneur, je veux t’aimer, mais pas pour la joie que cela peut m’apporter, ni pour le bénéfice que je peux en tirer, mais seulement pour toi, pour ce que tu peux obtenir de mon amour.
Pour cela, Jésus, parce que je veux correspondre à ton appel d’amour, je vais faire en sorte, Seigneur, de rester toujours à tes côtés (ceux qui s’aiment ne peuvent vivre séparés), faire de ma vie une vie d’union intime et amoureuse avec toi. Je vais essayer de tout faire pour ton amour et pour cela de tout faire le mieux possible.
Je vais essayer aussi de multiplier les sacrifices pour toi, et par toi, pour que tu voies, Seigneur, que mon amour n’est pas seulement paroles mais œuvres.

Pour toi, Seigneur, je vais faire que ma vie soit une vie selon la Règle, puisqu’elle est ta volonté. Ainsi donc, chaque action faite près de toi, par amour pour toi et le mieux possible, en vivant selon la Règle.
En répondant à ton appel, Seigneur, je vois que je ne suis qu’une pauvre âme imparfaite et misérable et que je ne mérite pas de marcher par les voies de l’amour. (Je ne te le dis pas par feinte, ni pour faire un exercice d’humilité, mais parce que c’est ainsi.) Je ne suis que le publicain qui a la porte de ton temple implore miséricorde. Je ne suis pas digne de ton amour ni de ton intimité, et cependant, toi, dans ton immense bonté, tu veux me conduire par les voies de l’amour. Je te suivrais, Seigneur, mais fais que je n’oublie jamais qui je suis. Seigneur, à cause de mes péchés, je suis devenu indigne de tout, mais, substantiellement tu m’as fait pour toi, pour vivre ton amour et malgré mon indignité, je ne peux renoncer à cet amour.
Jésus, conduis-moi dans les hauteurs de ton amour. Là où furent tes saints, même si cela signifie une vie d’immolation, d’humiliation et de pauvreté, en un mot de douleur et de croix.
De par moi-même je ne peux rien, mais j’espère tout de ta grâce. Jésus, fais-moi monter dans ton amour. Et, au fur et à mesure que je monte en amour, Jésus, que tu me transformes de plus en plus en toi, que tu m’unisses de plus en plus à toi, jusqu’à l’identification, que je me donne totalement à toi pour que je puisse dire : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi ! ». Jésus ne m’abandonne pas à mes propres forces, fais que je sois totalement tien, prends possession de moi et fais-moi brûler de ton amour.

31 Mars 195419

Efforce-toi d’acquérir un mode de prière plus simple. Nous pouvons et c’est bon de tendre vers une oraison de simplicité acquise. L’oraison infuse dépend de Dieu ( et non pas de Dieu et de nous). Mais ce qui peut être acquis, avec l’aide de la grâce divine, nous pouvons y arriver.

Pour cela essaye de ne pas te fatiguer avec des syllogismes et des sentiments produits méthodiquement ; mets-toi avec simplicité dans la présence de Dieu ; unis à Lui, avec amour, ton intelligence et ta volonté et laisse-les se reposer en Lui, dans une sorte de vision supérieure et amoureuse. Cette sorte de prière ne fatigue pas, au contraire elle fait reposer les facultés en Dieu.
23 Avril 195420

Frère, cela me fait bien plaisir que tu aies compris que Dieu se communique dans la prière en proportion de la générosité que nous avons avec lui. Dieu se donne à nous dans la même mesure que nous nous donnons à Lui. C’est une illusion que de vouloir jouir d’une union intime avec Dieu sans être généreux. Une vie d’une grande union à Dieu et en même temps une vie molle, égoïste, qui se recherche elle-même, commode, ne peuvent pas aller ensemble.

Dans le plan divin, ce qui est ordinaire, c’est que plus il y a générosité et plus il y a prière ; il y a des cas très rares où sans cette générosité Dieu se manifeste aux âmes, comme c’est le cas de la conversion de saint Paul, mais ces cas sont extraordinaires. Dans l’ordinaire, c’est cette action réciproque, comme circulaire, plus de générosité appelle plus d’amour de Dieu ; et cet amour produit plus d’intimité et plus de générosité, et ainsi de suite.

Alors, Frère, donne-toi à Dieu notre Seigneur avec toute ta générosité.

Tu as raison : la vie religieuse ne se vit que par amour ou ne se vit pas. Tant qu’une âme se recherche elle-même, tant qu’elle ne s’est pas oubliée elle-même, elle n’avance pas vraiment dans la sainteté.

Tu as raison de suivre la vie religieuse par amour ; de fait, l’amour est le seul milieu où la vie intérieure peut croître, se développer et se cultiver.
8 Mai 195421

Les sécheresses peuvent venir de trois causes :

  1. D’une cause physique : les sens ne sont pas aptes ou dans la disposition pour agir,

  2. D’une cause morale : nous avons péché et Dieu veut corriger notre infidélité,

  3. D’une cause divine : Dieu veut nous éprouver et purifier notre amour. Il veut nous voir grandir dans son amour, mais un amour pur, désintéressé, qui ne se cherche pas soi-même. Le Seigneur veut nous éloigner d’une certaine gourmandise spirituelle dont parle saint Jean de la Croix.

Si, malgré l’épreuve et la sécheresse, nous continuons à servir Dieu, alors Dieu se communique aux âmes, avec un plus grand nombre de grâces.

S’il t’arrive une surcharge de travail, avertis d’abord les supérieurs ; s’ils sont d’accord, c’est déjà le signe de la volonté de Dieu, et alors, en avant.

Fais en sorte que ton union à Dieu aille de pair avec l’union à Marie. Notre Seigneur aime que nous honorions sa Mère, et quand nous l’honorons nous honorons Dieu. Le mieux c’est d’unir les deux choses.

Dans l’oraison, essaie de faire une oraison de simplicité acquise : « regarder et aimer ». Mais, si pendant cette prière tu te sens appelé à faire tels ou tels actes d’amour, fais-les ; c’est le signe que Dieu les veut.

Efforce-toi de ne rien refuser à Dieu, mais Dieu veut aussi que nous nous reposions… Si la musique te repose, écoute-la, mais avec cette intention : « Mon Dieu, tu veux que je me repose et je vais le faire par amour pour Toi, pour mieux te servir ». Quand tu n’es pas fatigué, alors, toujours par amour pour Dieu, fais le sacrifice de la musique.
16 mai 195422

Tâche d’éviter ces fautes. Si elles sont involontaires, elles ne doivent pas préoccuper. Mais dès que nous nous rendons compte de la faute, nous devons rectifier immédiatement notre attitude. Elles sont la cause de l’oubli de Dieu, non qu’il nous oublie vraiment, car un père n’oublie jamais son fils, mais que, apparemment il se cache.

Lutte pour servir Dieu de tout ton cœur et travailler uniquement pour sa gloire.
10 juillet 195423

Quand l’esprit est fatigué on ne peut méditer. Dans ce cas unis ton incapacité à l’incapacité du Christ homme et offre-la à Dieu : « Seigneur, je te donne ce que je peux, mais je t’offre aussi tout ce que je ne peux pas et c’est beaucoup ». (Je disais au père que je me sentais de plus en plus découragé devant la mission d’éduquer les juvénistes… la raison, l’exemple du Fr. Daniel, l’influence immédiate de sa vertu sur eux ; je sentais que pour la vertu j’étais bien bas… (et c’est surtout avec la vertu que se font les œuvres de Dieu). Il m’a répondu : « Tu as raison, Frère, d’éprouver cette disproportion entre ta mission et ta vertu. Cependant, tu es ici non pas par plaisir, mais par obéissance et si Dieu t’a placé ici c’est qu’Il t’aidera. Le père Matthieu Croley dit que, quand nous nous oublions nous-mêmes et travaillons pour Dieu, le Seigneur se voit obligé de nous aider pour que, malgré nos misères, son œuvre continue et fructifie en grandes réalisations ».

Ainsi, Frère, que ton cœur ne cherche que la gloire de Dieu et dis avec l’apôtre : « Je ne me vanterai que de mes misères » et pense aussi à ceci : « Je peux tout en celui qui me fortifie ».
16 Octobre 195424

Je lui disais que cela me peinait de voir passer les mois et les années et que je ne progressais plus dans l’amour de Dieu.

« Arriver aux sommets dépend de deux choses :

  1. Du sacrifice personnel, du don total à Dieu, et

  2. De l’aide de la grâce divine. Si nous commençons à lui refuser des choses que nous demande notre Seigneur, il est clair que nous gênons notre ascension ; par ailleurs nous devons nous rappeler que nous ne pouvons rien sans sa grâce, aussi demandons cela à Jésus de façon insistante. Demandons-lui qu’il vienne lui-même réaliser en nous l’œuvre de son amour. Saine Thérèse, dont nous venons de célébrer la fête, a passé de longues années dans une vie médiocre… Elle ne donnait pas à Jésus certains sacrifices qu’il demandait. Il ne s’agissait pas de fautes contre la Règle, car la Règle permettait cela ; il s’agissait de fautes de générosité à l’égard de Jésus. Jusqu’à ce qu’un jour, devant un crucifix, elle comprit ce que Jésus avait souffert ; alors elle fit beaucoup d’efforts et finalement se rendit. C’est-à-dire, elle reconnut toujours devant Jésus qu’elle avait échoué malgré tous les efforts ; qu’il vienne lui-même la faire sienne : et depuis lors sa vie fut une suite d’ascensions spirituelles. Frère, abandonnons-nous à Jésus et reconnaissons notre échec ; demandons-lui qu’Il nous aide à le glorifier, à l’aimer et à le servir totalement.

Notre vie s’achève et il arrive que nous ne soyons pas parvenus où Dieu nous voulait. Luttons pour être meilleurs afin de pouvoir l’aimer et le servir comme il veut être aimé et servi.
Août 195525

Frère, que tout ce que tu me dis renforce en toi l’humilité et la confiance. D’un côté tu éprouves le besoin d’appartenir tout à Dieu et d’un autre côté la tristesse de voir qu’il y a encore beaucoup d’actes d’égoïsme. Que ceux-ci produisent l’humilité dans ton cœur en voyant combien nous sommes pauvres et combien notre vertu est loin de nos souhaits.

Mais en même temps ayons confiance dans la bonté de Dieu, sûrs que Dieu est notre Père et qu’il veut nous aider, nous espérons atteindre les sommets de l’amour et être capables de ne vivre que pour Lui, pour faire sa volonté, surtout quand elle va contre nos goûts, quand elle ne flatte pas notre sensibilité, sa volonté même quand nous éprouvons la sécheresse, car il y a le danger que dans la ferveur sensible nous nous recherchions nous-mêmes. « Il faut qu’Il croisse et que je diminue », ou comme disait saint Paul ; « cupio dissolvi et esse tecum » Quelles phrases précieuses ! Tâche de les réaliser.
28 Novembre 195526

Direction qui a eu lieu avant de me rendre à la retraite à cause de ma première année de directorat et alors que j’ignorais encore mon voyage à Mexico pour régler le voyage pour le Second noviciat.

Après la direction ses conseils furent très appropriés.

Il m’exhorta à rester dans une paix complète, sans préoccupations, abandonné dans les mains de Dieu.

Je lui disais que, de toute façon, je voulais préparer mon âme à la retraite et laisser Dieu lui parler et demander ce qu’il voudrait… Oui, Frère, efforce-toi de plaire à Dieu : « me voici pour faire ta volonté » ; « montre-moi, Seigneur, tes chemins ».

Ouvre-lui la porte, Frère, et que le Seigneur fasse ce qu’il veut… Il te demandera ce qu’il lui semble bon, ce que le Seigneur dira dans la retraite, moi je pense, Frère, que Dieu veut de toi une communication plus intime, une permanence constante en sa présence. Du moins c’est ce qui me semble. Vois, Frère, qu’il y a beaucoup d’insistance de la part de Dieu à ton égard, en te demandant cette vie d’union, ce contact constant ; cette inspiration répétée ne peut venir que du Seigneur. Pour cela je suis d’accord, si le Frère Provincial le permet, qu’au lieu de faire l’étude religieuse, maintenant que tu ne peux pas faire la méditation personnelle, tu fasses oraison. On apprend plus avec la vision poétique de saint Jean de la Croix qu’avec sa réflexion. Sans aucun doute, je connais davantage Dieu avec mes méditations qu’avec l’étude de ce saint.

Va donc, Frère, l’âme ouverte à la grâce et que Dieu Notre Seigneur travaille ton âme ; donne au Seigneur tout ce qu’il te demande pour qu’ensuite ton âme soit toute de Dieu, non par orgueil et satisfaction personnelle, mais afin d’être un instrument plus utile à sa gloire, et pour le bien des autres.

Il se peut que le Seigneur te demande de donner moins de temps et de soins au monde pour être plus attentif à Lui, pour entrer plus profondément en Lui.

Conseils motivés par ma nomination comme Directeur du Juvénat27
Le Père Martinez :

« Tu n’as pas cherché, ni désiré, ni voulu cela ; aies confiance. Dieu l’a voulu, Il t’aidera.

Quand Dieu nous charge d’une mission et que l’âme se sent pauvre, se confie à Dieu et ne cherche que la gloire de Dieu et le bien des âmes, s’oubliant elle-même, alors Dieu répond pour elle et prends comme son affaire de faire réussir cette œuvre.

(Je lui rendais compte du résultat de mes exercices, des difficultés rencontrées, du fait de ne presque pas pouvoir prier, etc., etc.)

« Cela est justement ce que Dieu voulait ; il se peut que tu avais beaucoup de confiance en toi-même et très peu en Dieu… C’est pour cela que le Seigneur a voulu que toute ta bonne volonté et tes efforts échouent pour que tu t’abandonnes à Lui, que tu laisses tout entre ses mains, que tu ne confies qu’en Lui et que tu saches que le fruit de ta retraite tu le ne devais qu’à Lui.

(Je lui parlais du troisième degré d’humilité… et de la promesse faite.)

Très bien, mon Frère, mais si dans tous les chemins nous avons besoin de la grâce et du concours divins, dans cette spiritualité où tout est renoncement, on ne peut faire un seul pas sans Dieu, et ainsi, ici plus que jamais, il faut une grande humilité et un abandon total à Dieu.

(Je lui parlais enfin de l’invitation très forte que j’avais ressentie au cours de la retraite de marquer vraiment fortement la ligne surnaturelle dans mon apostolat. Je lui disais que je craignais que les moyens naturels, les qualités et les facilités que Dieu m’avait donnés, par ma maladresse ne me conduisent à compter trop sur moi-même et à négliger le facteur surnaturel).

En effet, Frère, tu dois tout attendre de Dieu ; ce que nous devons le plus privilégier dans notre apostolat c’est le plan surnaturel ; maintenant que tu es directeur, considère que cet appel à été providentiel en vue de ce qu’il attendait. (Je vais prier beaucoup pour toi).

Direction du 8 février 195628

Mon Frère, nous devons être en même temps patients et loyaux avec nous-mêmes. Patients, parce que dans la vertu nous sommes des commençants, comme les enfants. On est patient avec un enfant. Mais, d’un autre côté nous devons être francs pour reconnaître nos fautes et nous efforcer de les corriger.

Mon Frère, oriente ta vie vers Dieu, fais tout par amour pour Lui, pour sa gloire. Et donne-toi à Lui avec un amour et une confiance absolue, sans crainte, non pas comme envers un patron tyrannique mais comme envers un Père plein de bonté. Qu’il est doux de savoir que Dieu est vraiment notre Père. Frère, mets ta confiance en Lui, donne-toi à Lui, donne-lui tes misères, ton indigence, , abandonnons nos péchés dans ce foyer immense, d’amour et de miséricorde infinis qu’est son Cœur, pour qu’il les brûle et donne-Lui aussi tes préoccupations ; Il s’en chargera : « Jacta curam tuam in Domino ! ». Toi, occupe-toi seulement d’aimer et de glorifier et d’aller vers le Seigneur par le chemin de l’amour… vers les sommets de l’amour.

Ne donne pas d’importance à ta faiblesse : « In infirmitatis meis gloriabor, libenter » ; l’apôtre ajoute cet adverbe pour souligner davantage sa pensée : « pour qu’en moi se manifeste la force du Christ ». Que cette pensée est belle ! Suis-la, Frère.

2-Le Père Dionisio Pettinati
Le Journal personnel du Frère Basilio rapporte deux autres directions spirituelles : celle du 3 novembre 1968 et celle du 17 juillet 1969. Dans la première, Basilio écrit le nom de son nouveau directeur spirituel : D. Dionigio29.

Un certain nombre de lettres nous permettent de savoir30 qu’il s’agit du Père Dionisio Pettinati, de la Congrégation de saint Paul du Bienheureux Alberione. Le Père Dionisio, au cours de cette période, résidait à Paris et les lettres nous font savoir que chaque fois que Basilio passait par Paris il essayait, dans la mesure du possible, d’avoir un moment avec le père.31 (Les notes des deux rencontres sont rapportées de façon intégrale. )



1-Direction spirituelle du 3 novembre 196832
1-Jamais jusqu’ici je n’avais ressenti mes « actes actifs » aussi impuissants et petits pour me purifier et surtout pour m’unir à Lui.

2-Reconnaissance d’un grand désir d’aimer et de rester en contact avec lui et d’enlever tous les obstacles.

3-Grand désir de lui demander instamment qu’il me purifie… mais je n’ose pas le lui demander, (crainte que ce ne soit un masque, de la paresse, refuge de ma lâcheté de faire effort, ou que ce ne soit pas le bon moment de demander cette purification)… mais par la suite je me décide mettant dans cette demande toute mon âme.

4-Impression de misère. Comme une évidence progressive à laquelle je résistais mais qui peu à peu s’est imposée ; je ne sais pas si c’est une lumière nouvelle sur ma vie habituelle qui fait voir avec une illumination plus vive, une misère qui avant ne se notait pas ou bien peut-être que maintenant je me suis relâché, je suis entré dans la tiédeur, les fautes se multiplient dans ma vie.

Cette évidence ne se manifeste pas tellement dans des actes mais dans une vision du fond même de l’âme, comme quelque chose de caché qui émerge, comme quelque chose de potentiel qui profiterait, par surprise, des occasions et de l’inattention.

Par exemple, surtout l’avarice spirituelle, joie dans les victoires, sensualité crasse, orgueil subtil et surtout dissimulation, mensonge, autojustification.

5-Peur de moi-même dans la vie spirituelle, surtout en ce que je demande à Dieu, ce que je dis au Directeur Spirituel, ce que je fais.

Tout est perte, même ce qui est bon… j’ai peur de me tromper et de tromper… d’accaparer pour moi, avec des attitudes de farceur. Je fais obstacle à moi-même pour m’approcher de Dieu.

Dans ces circonstances je ferme les yeux et je me jette dans son sein… Et je lui demande d’être sincère dans mon ascension… Qu’il ne permette pas que je me trompe! Qu’il ne laisse pas dans l’obscurité cette partie clandestine que je voulais cacher ! Qu’il fasse monter cela en pleine lumière et qu’il aide ma volonté pour la lui immoler immédiatement. Qu’il brûle sans compassion tout ce qui dérange son action en moi, et surtout ce que j’évite de brûler, en me trompant moi-même. Que dans ma vie se fasse toute sa volonté.

6-Comme jamais, j’ai senti très proche de moi, la réalité du péché grave. Je sens qu’entre moi et la chute il n’y a presque rien… Il suffirait de très peu pour qu’un sujet comme moi succombe, malgré toutes les convictions morales, à n’importe quel moment, si la main de Dieu ne me soutient dans son amour et sa grâce. Je sens la possibilité de pécher comme une réalité très forte.

7-Maintenant plus que jamais je sens que la sainteté vient de Lui. C’est l’œuvre de l’Esprit Saint. Tout ce qu’une âme, la meilleure et la plus généreuse, fera pour la sainteté est nécessaire. On ne peut le négliger, mais ce n’est rien, (un rien que Dieu veut), ce sont les premiers pas d’un enfant, des balbutiements ; l’œuvre splendide du temple intérieur est le travail de la bonté de Dieu. C’est un travail de miséricorde et d’amour.
Quels sont les effets de toutes ces idées :

  1. Un immense désir de Lui,

  2. Désir de laisser tout ce qui est mien,

  3. Désir de ne pas laisser perdre, de ne pas déranger, d’être sincère, de ne pas me tromper, de voir la lumière.

  4. Désirs très forts qu’il me purifie, désir très fort qu’il devienne paix et clarté dans l’âme.

  5. Dans la partie active ; être plus fidèle, même s’il a prévu les fruits de mon moi… Ne pas éviter même le plus petit effort.


2-Direction spirituelle du 17 juillet 196933
1-Il m’indique la richesse de la personnalité humaine et spirituelle que Dieu m’a donnée.

2-Comment ces qualités portent à l’action et au don de soi, à « devenir un homme mangé par les autres ».34 (En français dans le texte espagnol).

3-Le danger réel est que l’homme masque Dieu (moi Lui) et que l’action m’appauvrisse. Mes qualités et ma nature me portent vers un vrai danger.

Quand donc, je sens que l’action, le travail et le dialogue avec les Frères me maintiennent dans l’intimité avec Dieu, tout va bien ; en cas contraire je dois réagir.

En plus ne pas trop rechercher la prévision et la perfection dans la préparation : aujourd’hui le monde et l’Eglise avec ses crises ne seront pas sauvés par des congrès, des cursillos, des recherches, des conférences, mais par des SAINTS, DES HOMMES DE DIEU qui transmettent le feu et le besoin de Dieu (Il eut la gentillesse de me raconter l’expérience de trois ans… toute la matinée enivré de Dieu… jusqu’après le déjeuner.) C’était la lumière, la joie, la paix merveilleuse. C’EST CELA QUE JE VOUS RECOMMANDE.

(Je lui ai rappelé le Supérieur général des Barnabites).

Et il insista au contraire :

1-De ne pas me préoccuper des petitesses, de ces tensions entre hommes que je lui ai racontées, qui se proposent une fin utile.

2-De ne pas me préoccuper de paraître… ce n’est pas mon chemin (d’accord avec l’exemple de Saint Paul)

3-De ne pas m’occuper excessivement du règlement… en tant que Supérieur général. Il n’est pas facile que je puisse suivre l’horaire… Par contre, oui, faire un effort pour la fidélité quotidienne aux exercices de piété et pour des prières supplémentaires.

  1. Non au vœu… il ne l’a pas cru prudent. Sur les exercices de piété…

  2. Sur la vie commune : souplesse35, la vie commune est amour, charité !

IL TERMINA EN INSISTANT BEAUCOUP QUE DIEU VEUT DE MOI AVANT TOUT LA SANTETE, IL L’ATTEND. C’EST D’UNE IMPORTANCE TRANSCENDANTE DEFINITIVE POUR MON INSTITUT ET DIEU ATTEND BEAUCOUP DE MON ACTION.

(Ici il manque des pages dans les notes).
En finale deux résultats :

1-Si d’un point de vue extérieur la quantité de travail qui m’accable justifie vraiment l’omission d’une partie de la prière, d’un autre point de vue, bien plus vrai, Dieu veut que je fasse la prière et qu’elle soit bien faite (avec l’espace psychique, la paix et l’amour qui seuls la rendent féconde pour ce dont j’ai besoin)…

La prière, donc, ne doit pas être omise sous prétexte que la quantité de travail pourrait me dispenser de tel ou tel exercice. Il pourra y avoir des cas où le Seigneur me demandera de lui sacrifier la prière pour une autre forme de service QU’IL ATTEND DE MOI DANS CE CAS. Il se chargera de suppléer et de produire la paix et l’amour dans mon cœur.
2-Dieu veut que par la prière (cette prière de qualité) je réorganise trois choses que j’ai découvertes aujourd’hui et qui n’étaient pas bien :

  1. Réorganiser la prise en charge des problèmes et mes relations avec les personnes en général (C.G.36) quand il faut affronter les problèmes que me demande ma charge de Supérieur général.

  2. Réviser et réajuster le mode de relations et l’emploi de la charité de mes secrétaires envers moi. Les personnaliser chaque fois davantage… faire attention qu’ils ne deviennent pas pour moi des instruments de travail, dans cette quantité vertigineuse de travail dans laquelle je me trouve et que j’ai acceptée de porter, je crois joyeusement, pour le Seigneur… Pour moi je peux tout accepter, sans autres limites que la prière… mais eux doivent être protégés.


c- Réorganiser et pacifier mon engagement intérieur au travail créant le genre de détachement le plus intime et le plus nécessaire pour moi aujourd’hui.

Mon organisation du travail selon Dieu. En réalité, en ce moment, ce qui en moi a besoin d’être réorganisé, purifié, christifié n’est ni à proprement parler la vanité, ni la sensualité, ni l’orgueil, etc, mais bien le travail. Mon caractère passionné a accepté le travail pour Dieu… mais la passion ne christifie pas, c’est une force ou un dynamisme déformant. Le Christ est transformant.

Réorganiser :

  1. La paix avec laquelle je travaille,... la mesure (intérieure, pas extérieure). Posséder le travail au lieu d’en être possédé.

  2. La hiérarchie… suivant l’importance et le devoir.

  3. La mesure. Donner à chaque chose le temps dont elle a besoin et pas plus.


Je pense que cette conversion est celle que le Seigneur veut de moi aujourd’hui. Il l’a commencée et produite en envahissant mon cœur de douceur et d’émerveillement.
A la fin, il m’est resté la sensation et la volonté d’une nouvelle conscience de ma vie face à la prière :

- Une lumière nouvelle qui m’a permis de découvrir quelque chose qu’hier (face à la lumière d’hier ce n’était pas mensonge) mais qui aujourd’hui le serait… Le fait de ne pas justifier mon absence à la prière comme je le faisais avant.

- Une conscience de fausseté (involontaire mais objective) que j’ai oublié de dire à D. Dionisio dans ma première rencontre avec lui.
Enfin, j’ai compris la nécessité d’un temps quotidien d’ « examen, non pas de conscience, mais d’action » pour que tout ceci passe dans la vie.


  1. Son maître des novices : le Frère Othonis37

Le Frère Basilio garde de son maître des novices un souvenir plein d’affection et d’admiration. Il note38 :


« Me rappeler quand le Frère Maître baisa mon crucifix. Ce fut le jour de la Fête Dieu de l’année 1950, (année de sa mort).

Au cours de cette année, ses premiers novices, les seuls qu’il ait pu voir, nous avons fait notre profession perpétuelle. En sortant de la salle d’études des Frères de la Quinta Soledad, je me suis approché pour saluer le Frère. Probablement au-dedans de lui il s’est ému et réjoui de voir que le premier groupe de Frères sortis de ses mains et qu’il avait formés, se soient consacrés à Dieu par les vœux perpétuels. Visiblement ému de voir le crucifix sur ma poitrine, il me dit plus ou moins ceci : « Que vous êtes bien avec le crucifix ! Je vais lui donner un baiser, et, en s’inclinant, il le baisa. Qu’il est beau ! le mien est si vieux et usé. »
Le Maître des novices sera pour moi :

  1. Un ami intime

  2. Mon maître…

  3. Mon Père…

  4. Une lumière…

  5. Un exemple et modèle (j’aspire à être comme lui).

  6. Un exemple concret de ma vocation et de ma vie mariste.

  7. Un intercesseur au ciel…

  8. Quelqu’un que je prierai et pour qui je prierai toujours.


Un souvenir pour mon très cher Frère José Basilio39

Vivre avec la pensée habituelle

  1. Que l’homme est pour le service et la gloire de Dieu.

  2. Que la meilleure manière de tirer de la vie le profit maximum est de se faire saint, puisqu’ainsi le capital « vie » produira le cent pour un, et éternellement.

  3. Que tout ce qui est d’ici-bas passe, excepté le mérite et le démérite de nos actions, qui reste pour toujours.Que nous le voulions ou non, nous travaillons pour l’éternité.

  4. Que chaque grâce à laquelle nous répondons nous vaut un nouveau degré de grâce sanctifiante, c’est-à-dire, un nouveau ciel pour l’éternité. Combien nous devrions être attentifs à la grâce ! Combien nous lui serions fidèles si nous y pensions ! Et combien nous serions riches en biens éternels !

  5. Que Jésus suffit, même si tout le reste nous manque, et que, sans Jésus, rien ne nous suffit, même si nous avons tout.


Pour avoir habituellement ces forces,

Les méditer,

Faire de bonnes lectures spirituelles personnelles,

Bien faire l’étude religieuse,

Se garder bien des lectures frivoles,

Et de se passionner pour les études.
C’est de cette façon que quelqu’un se forme et conserve un tempérament religieux, sérieux, qu’il prie bien et assure sa persévérance.

S’efforcer de voir et d’apprécier les choses comme nous les verrons et apprécierons au moment de mourir.

Et une confiance filiale et inébranlable en la Très Sainte Vierge ! en Jésus dans le Saint Sacrement et dans mes supérieurs.(Signature : Frère Othonis)
Ce sont les conseils de mes parents, de mes supérieurs et d’une manière spéciale de mon Maître et sous-maître, suivis avec un profond respect et une grande docilité. C’est ce que je leur ai promis quand je les leur ai demandés avec le Fils unique.

4- Oswaldo Robles
Ce professeur a guidé le Frère Basilio au cours de ses études universitaires. Grand chrétien et mystique, il a su reconnaître les qualités du Frère Basilio et entre eux est née une grande amitié. Dans la circulaire sur l’obéissance, aux pages 44 à 48, Basilio nous parle de lui avec gratitude et admiration et se reconnaît son fils spirituel.

Le Journal personnel ne mentionne qu’une fois ce professeur, c’est à l’occasion des conseils qu’il a donnés au Frère Basilio quand le Frère lui fait part de ses préoccupations d’avoir été nommé directeur du juvénat, en 1955.
Voici ce que le Frère Basilio a écrit40 :

« Frère, ne vous faites pas de soucis, vous le ferez très bien, comptez sur la grâce de Dieu – C’est Dieu qui vous appelle, il vous aidera. (Jusqu’ici son ton était joyeux; et après il me disait, sur un ton sérieux et pensif) : « C’est extraordinaire l’action de l’Esprit Saint et de la Providence de Dieu ! Voilà bien des années, Frère, que Dieu vous conduisait jusqu’à ce point. J’ai pu suivre l’épanouissement de votre âme, Frère, et j’ai observé le développement de votre formation et je vois clairement cette action prévoyante et miséricordieuse par laquelle Notre Seigneur vous a préparé lentement pour cette vocation dans la vocation : la direction dans les maisons de formation.

Ayez confiance en Dieu et abandonnez-vous à sa Providence ; il vous aidera. Maintenant plus que jamais je vais prier pour vous, pour qui je prie tous les jours… Et vous, ne m’oubliez pas non plus. »


Objectif de ma retraite41
A 1- Revoir ma vie

pour ce qui regarde la Volonté de Dieu sur moi (particulièrement mon attitude actuelle face au vouloir de Dieu sur moi maintenant).

2-La revoir pour obtenir la lumière (vouloir la connaître)

3-La revoir pour que ma volonté lui donne une réponse (vouloir la faire).

Je veux absolument soumettre ma volonté à toute sa volonté.

C’est rare qu’une âme obtienne cela sans crise… me mettre dans cette crise.

Analogie : les marins qui tous les jours examinent la route.
B- Me réalimenter

La vie active m’épuise. Elle me laisse peu de temps pour moi, et souvent à force de donner je me sens vide. J’ai besoin d’un temps pour moi tout seul, pour me refaire, pour m’équilibrer, pour affiner le ton et le rythme de ma vie spirituelle, pour prier et rester avec Dieu.
C- Contempler

Mais contempler dans l’amour et la ressemblance. M’approcher du mystère, en être enveloppé, en être secoué, et, à la chaleur de l’amour et de la tendresse qui viennent de lui, laisser la vie naître. (La pénitence, la conversion, la douleur, le don, l’amour, la confiance, le rajeunissement, la foi).

Etre ouvert à l’Esprit Saint, comme la fleur à la rosée et au soleil.

Sens théologique, dogmatique et mystique de la retraite, plutôt qu’ascétique.

Préparation d’un plan pour l’année42
(Quatre points : trois pour le présent et un ouvert sur l’avenir)


  1. Purification

Continuer cet effort de me dégager des créatures pour me projeter libre en Dieu.

- Arracher toute affection désordonnée qui pourrait constituer un désajustement entre la Volonté de Dieu et la mienne (péchés, attachement à des personnes ou à des choses).

- Oter de ma vie ce qui s’y trouve de manière normale mais qui est aimé pour lui-même (même si cela ne fait obstacle à Dieu…)
Faire une contemplation qui soit pleine de rectitude, qui engage ma réponse et absorbe ma vie dans le mystère avec les conséquences de don et de renoncement que cela implique ; une contemplation qui devienne oraison (conversation du cœur sous la lumière et par le contact avec le mystère).

Pour cela réorganiser dans ma vie quotidienne : un rythme, un temps contemplatif. Le moyen sera la fidélité à un horaire, bien pensé, dont je ne dois pas m’écarter par l’attrait naturel du changement et de la nouveauté, sauf quand c’est le service du prochain qui le demande.


  1. Charité et service

Ma vie, comme une amitié toujours chaleureuse et fraîche envers le prochain et comme un service le plus rapide et le plus parfait possible. Avec ce que cela suppose de prudence et gradualité qui conviennent aux appelés de Dieu.

-La conformation progressive de moi-même à l’image de Jésus qui sera acquise au moyen d’un amour progressif de ses vertus rédemptrices et pascales : l’obéissance immédiate, la pauvreté totale, la virginité du cœur, l’anéantissement et l’humilité. Sous l’action de l’Esprit Saint (Esprit de Jésus) et en découvrant et me rendant amoureux de cette axiologie chrétienne des Béatitudes, et de la mort et de la croix du Seigneur. Cela signifie… totale disponibilité à la volonté de Dieu.
Les bons moyens seront :

- la direction spirituelle,

- l’examen de conscience,

- la vigilance et la sincérité,

- les petites mortifications


  1. Contemplation

Chercher tous les jours à m’enfoncer dans le mystère… mais m’y enfoncer de manière contemplative, solidaire, expérimentale, vitale. Passer tous les jours des heures en contact avec le mystère chrétien… en m’installant dans une optique divine pour que de là je regarde et j’apprécie le réel. Et à partir de là vivre dans l’amour et dans une théologie ecclésiale…

Ne rien tant haïr qu’une vie bourgeoise, installée, mesquine, insensible. Je dois porter dans mon cœur de façon enthousiaste le monde, l’histoire et l’Eglise.

Réflexions lors de ma retraite au Saulchoir43
A-Ce qui se passe dans la vie spirituelle

Dans la vie spirituelle (on) passe du démarrage et de l’embryonnaire à la plénitude et à la maturité à travers mille formes intermédiaires. L’important, ce n’est pas d’arriver à l’absolu et au don total aujourd’hui, mais de répondre aujourd’hui au vouloir pédagogique et progressif de Dieu sur moi. Son vouloir sur moi aujourd’hui.
B-Il faut avoir peur d’un péché (qui est très différent d’une infidélité ou même d’une chute ou d’une période d’affaiblissement)… Ce péché c’est le péché de ne pas croître, de ne pas vouloir croître… de bloquer notre rapprochement de Dieu.
C-Cela peut arriver de deux manières :

  1. En se fermant à la lumière, (par évasion, en l’esquivant et même en la refusant carrément).

  2. En la recevant de manière spéculative où elle peut même porter des fruits, mais on ne lui laisse pas prendre contact avec la volonté ; elle ne produit aucune crise de réponse.


C’- Je dois être attentif à ne pas conduire les autres dans la réforme ou dans la conversion sans m’impliquer moi-même. Je ne dois pas devenir un « superficiel » un « habitué » de ce travail ; ne pas devenir « facilista », un « mercenaire » de cette tâche de la vie spirituelle.

Accomplir cette tâche avec une immense humilité, avec respect et surtout en me plaçant moi-même comme sujet passif de cette tâche, perdu en elle.
D- Aujourd’hui, dans l’après-midi j’ai demandé trois grâces au Seigneur qui doivent venir de sa lumière :

  1. Voir ma misère qui apparaîtra telle, avec mes fautes, quand sa lumière viendra. (Peur de ne pas voir, de ne pas entendre)

  2. Qu’il me donne la perception intérieure, la révélation de ses vertus (je ne soupçonne même pas ce qu’est la pauvreté, l’humilité, l’obéissance et à cause de cela je ne les aime pas.)

  3. De renouveler ma découverte et ma passion du Seigneur Jésus, l’aimé.


E- Réaffirmation comme jamais de ma vocation de mariste et de frère ; et vision claire de l’action de la divine Providence qui au dedans de mon Institut, m’a lentement préparé, malgré ma misère, pour les tâches qu’elle m’a confiées : les étapes de la formation et l’expérience vécue.

J’entrevois que cette mission comportera la croix et la souffrance. Je dois me préparer dans la plus profonde humilité et une conscience progressive de mon néant,… tout en restant ouvert à la croix qui viendra.

Une vigilance et une purification rénovées… et surtout passion progressive et réalisation du visage du Christ (dans les vertus très aimées d’humilité, de totale obéissance, de vraie pauvreté et de pureté (= goût de la limpidité dans l’amour).

Une méditation44
Aujourd’hui, dans la prière : une présence vive, active et simple et le contact avec Dieu.
Puis, me rendant compte que l’activité me mange, j’ai besoin de quelque chose de plus que la simple présence devant ce TOI et devant la perception de son ETRE. Profitant de ce contact, je dois réorganiser ma vie et mon activité et purifier mon cœur.
Dans le premier aspect, il me suffit et il me suffirait une présence consciente et active de son ETRE et percevoir sa VERITE et son amour envers moi… cela suffit et cela sauve. Mais je pense que, dans la situation dans laquelle je me trouve, Il désire cette conversion qui organisera ma vie et je laisse son action envahir mon cœur dans ce sens et avec cette fonction spécifique.
Le temps passe sans que je m’en aperçoive et presque sans action dont je me rende compte, malgré mon peu de mérite et toutes mes négligences et omissions, sa présence devient active d’une manière graduelle et douce devant ma passivité (qui cependant était activité d’accueil, de prise de conscience et de reconnaissante acceptation)…
A la fin je sens que je suis refait et que mes comportements sont différents… et qu’ils naissent moins de convictions qui du dehors imposent un changement d’être que de l’Esprit Saint, qui vivant au-dedans, les fait surgir naturellement comme un fruit, comme quelque chose qui en plus d’être vrai veut être ainsi.
Et, à posteriori, je me rends compte qu’à moins d’une vraie force (il manque quelque chose) supérieure je ne peux pas, je ne dois pas supprimer l’oraison. MON ACTION EN A BESOIN.

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  1. M’enfoncer, me fondre dans la paternité de Dieu ; avec cette paix intime reste la confiance d’être travaillé et aimé par la puissance d’En-Haut.

  2. Cet état d’alerte sur moi-même, etc.

  3. Tout ce que je ferai en vue d’éliminer les tâches secondaires, ne sera jamais suffisant.

  4. Avec le Frère. Maintenir l’équilibre entre l’estime dont il peut avoir besoin et ce qu’il pourra faire – sans dépasser les limites pourvoir pour prévoir. Rester vigilant.



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